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mardi 15 mars 2016
vendredi 11 mars 2016
Exposition de Touba Sene: "J'espére qu'un jour mes enfants entreront dans un musé et verront les oeuvres de leurs aieuls"


Face à la presse dans les locaux de la Galerie nationale, Touba Sène  a rendu un hommage posthume à Kré Mbaye, Mbaye Diop, Mbida Fall et Ansoumana Diédhiou. L’exposition, intitulée « dialogues des disparus et autres », a drainé pas mal de monde pour la découverte artistique de ce mythe de l’art visuel.

Touba Sène a choisi ce thème, parce que les tableaux qu’il présente sont pour la plupart ce qu’il a acquis auprès des grands noms de l’art sénégalais, à l’image de Kré Mbaye, son maitre et doyen. « J’ai, dans ma collection, près de 500 œuvres de Kré Mbaye ; pour moi, il est l’un des meilleurs de sa génération. J’ai acheté beaucoup d’œuvres chez lui, mais c’est lui qui m’a appris également à réaliser mes peintures », confie-t-il, tout en notifiant, par la même occasion, son ambition de faire une exposition exceptionnellement, en son intention, avec l’implication des membres de sa famille.
Par ailleurs, l’artiste peintre a dévoilé sa collection, dans laquelle on y voit l’amour et la passion. Au sujet de celui-ci l’artiste a travaillé et a partagé son art avec non seulement ses collaborateurs, mais aussi ses admirateurs et son public. Tout ceci, passant par le travail des œuvres très anciennes jusqu’aux œuvres modernes.
On peut aussi remarquer, dans cette collection, l’implication de plusieurs artistes d’ici et d’ailleurs. Partant de ces considérations, cette exposition, qui représente un véritable patrimoine culturel, pousse l’artiste à dire qu’il essayera d’entrer en contact avec l’Etat, afin qu’il puisse acquérir ce patrimoine.« Avec la construction prochaine du musée des civilisations noires, ce patrimoine peut véritablement servir de fonds. Il faudra juste que l’Etat s’en occupe, pour qu’il ne se détériore pas. Je suis disposé à entrer en contact avec l’état pour voir comment préserver ce patrimoine » conclut-il.
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Artiste, galeriste et antiquaire, Touba Sène dispose d’un patrimoine riche de plus de 10.000 pièces. Il en expose une quarantaine à la Galerie nationale d’art depuis le 6 mai dernier, et ce jusqu’au 26 juin.  Aujourd’hui que ses trois galeries d’œuvres d’art contemporain et ancien n’arrivent plus à les contenir, il souhaite évoluer vers un musée pour préserver ce patrimoine.
Sur les cimaises de la Galerie nationale d’art de Dakar sont accrochés plus de 40 tableaux d’artistes, une dizaines d’anciens objets d’arts, des fétiches, des masques, des tapisseries, des totems, des sous-verres… C’est une collection de l’antiquaire et galeriste Touba Sène autour du concept : «Touba Sène dévoile sa collection (Tsd)».  
Cette démarche artistique s’articule autour de trois thématiques : «Itinéraires esthétiques», «Art contemporain d’ici et d’ailleurs», «Antiquités». En effet,  cette première exposition  qui entre dans le cadre des «Itinéraires esthétiques» a pour thème : «Le dialogue des disparus… et autres». Selon M.Sène, c’est pour rendre hommage à titre posthume aux artistes peintres Kré Mbaye, Mbaye Diop, Mbida Fall, Ansoumana Diédhiou, entre autres. 
Natif de Saint-Louis, il a  trois galeries riches de plus de 10.000 œuvres d’art contemporain et ancien. Mais son espace semble exigu pour contenir toutes ses œuvres qu’il a pu glaner en Afrique et dans le monde. Face à la presse, avant-hier, en présence de l’administrateur de la Galerie nationale d’Art, Oumar Ben Khatape Danfakha, Touba Sène a émis le souhait d’avoir une grande galerie ou un musée. «Pour au moins permettre à la génération future de venir découvrir ces belles collections du Sénégal, d’Afrique et dans le monde. C’est parce que je suis aussi un restaurateur que ces œuvres tiennent encore», a-t-il expliqué.  Toutefois, un autre défi s’impose  à lui.  «C’est un demi de siècle de collection qu’il faudra répertorier. Une démarche nécessaire qui permettra d’y voir plus clair et de faire en sorte que le grand public ait l’occasion de visiter ce patrimoine préservé au prix de multiples privations du collectionneur», a -t-il souligné. 
De son côté, l’administrateur de la Galerie nationale d’art a salué le thème de l’exposition qui fait un clin d’œil aux artistes disparus. «Ce qui permet de faire ce dialogue entre les artistes vivants et ceux qui ne sont plus de ce monde», déclare-t-il, avant de dégager des perspectives pour amener cette exposition à travers les centres culturels régionaux,  dans les lieux symboliques de Dakar comme le monument de Renaissance, la place du Souvenir… «Nous avons le devoir (...)  de le promouvoir», a confié Oumar Ben Khatape Danfakha. 
Dans la même veine, Siré Cissé, promoteur culturel, de soutenir:  «M. Sène(... ) a reçu l’offre de 180 millions de francs Cfa pour vendre ses œuvres, mais a dit niet».  

En outre, M. Sène a remercié le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye,  non sans inviter le président de la République à venir visiter ces œuvres qui sont  «un patrimoine riche, diverse,  varié  et rarissime».
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Touba Sene, collectionneur d'Art: Le David Geffen sénégalais



Il est propriétaire d’une riche et composite collection d’œuvres d’art. Des œuvres qu’il a achetées un peu partout à travers l’Afrique et qu’il garde jalousement. Pourtant, elles seraient mieux dans un musée. Son détenteur en est conscient mais ne saurait quand même céder son ‘’patrimoine’’ facilement. EnQuête retrace l’itinéraire de ce collectionneur assez atypique.

Touba Sène, il s’appelle. La mode ‘’Baye Lakhat’’ est son style de tous les jours agrémenté d’un chapelet roulé en forme de bracelet autour de la main droite. L’homme ressemble ainsi à un religieux et rien chez lui, a priori, ne laisse croire qu’il est un grand collectionneur d’œuvres d’art. Deux statuts qui semblent ne pas faire bon ménage. Car l’on dit que l’islam est contre les représentations sculpturales. Et Touba Sène compte bien des statuettes dans son arsenal. 
‘’Cela n’altère en rien ma foi en Dieu. Vous savez quand l’on dit que l’islam est contre ces représentations, l’on fait allusion à ceux qui voient à travers ces œuvres d’art des Dieux ou des Déesses et qui croient aux pouvoirs qu’auraient ces objets’’
 observe-t-il. Et il jure la main sur le cœur que certains croient au pouvoir mystique des masques, des totems, des fétiches qu’il (ndlr lui Touba Sène) détient.
 ‘’Vous savez il m’est arrivé à plusieurs reprises de vouloir acheter un masque ou un totem et que son vendeur me dise qu’il n’ose pas y toucher de peur qu’il lui jette un mauvais sort. Je lui disais ok si on tombe d’accord sur le prix, je le prendrai moi-même. Car je ne crois pas en ces histoires’’
 affirme-t-il. Dans la même veine, il raconte que certaines acquisitions n’ont pas été faciles. Il lui fallait voyager la nuit et rentrer la nuit parce que l’objet ne devait être vu par personne. 
‘’Il y a des communautés qui n’aiment pas que leur culture soit divulguée. Donc, en prenant des vestiges de cette culture il fallait se cacher. Je risquais ma vie en achetant ces objets puisque si on me découvrait avec je pouvais mourir’’
 prétend-t-il. Et des risques de ce genre, Touba Sène en a beaucoup pris. 
‘’Une fois au Ghana, je suis allé acheter un objet. Le village où je devais le récupérer était à 7 km de la résidence où j’étais descendu. Il fallait traverser une forêt pour accéder au village et il me fallait attendre le soir pour y aller. Je devais m’y rendre à pied aussi. Je suis parti un peu après 17h. La transaction s‘est faite au crépuscule. En rentrant, il pleuvait. On était que deux sur la route et il fallait des éclairs dans le ciel pour voir où poser notre pied’’
 raconte-t-il. Il soutient que c’est Dieu qui l’a aidé ce jour à s’en sortir puisque dans cette forêt vivent des animaux aussi terrifiant que le lion. Cependant ces conditions d’achat lui ont valu des fois d’acheter de la pacotille. 
‘’Quand on achète un objet dans le noir on ne peut pas toujours être sûr de son originalité. C’est après coup qu’on se rend compte qu’on a été dupé. Cela m’est arrivé à maintes reprises’’, indique-t-il.
Les risques pris en valaient peut-être la peine. Selon le journaliste et chef du desk culture du journal ‘’Le Quotidien’’ Gilles Arsène Tchédji qui a visité la ‘’caverne’’ de Touba Sène, le collectionneur posséderait des masques d’origine de communautés africaines qui n’en ont plus et en chercheraient même.
Natif de Saint-Louis, ce fervent mouride et ‘’musulman pratiquant’’ a plus de 10 mille œuvres contemporaines et anciennes dans ses galeries qui sont au nombre de 3 et qu’il a baptisé ‘’Senegalerie’’ ainsi que dans un container de stockage situé sur la Corniche ouest. Depuis cinquante ans, il est dans le milieu des artistes. Il a débuté par le commerce des colliers, des masques en ébène et des sacs en peau de serpent. 
‘’Du temps où le marché Kermel ouvrait à 4h du matin pour fermer à midi j’avais un étal tout près du marché. J’achetais des objets que je revendais aux touristes’’,
 se souvient-il. Loin de se conformer aux règles du marché, il ne rentrait jamais à midi et était le seul vendeur qui travaillait le dimanche. Et c’est au cours d’une matinée dominicale que la chance lui sourit. Un Afro-américain lui a acheté ce jour là tout son stock. Son gain lui permet de se tourner vers un autre commerce. 
‘’J’achetais des robes que j’allais vendre à Ngor’’
 fait-il savoir. Ce sera pour un court moment puisqu’il décide de tenter l’aventure. Il dépose alors ses baluchons au Mali. Ainsi, commence une recherche effrénée de tableaux, de masques et d’objets rares et surtout anciens pour Touba Sène.  
‘’Après le Mali je suis allé en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Togo, au Nigéria, au Cameroun, en Ghana et au Congo. J’y achetais des objets que j’allais revendre en Europe et aux USA’’, confie-t-il.
Après divers périples à travers le monde, il décide de s’établir à Lomé tout en continuant à tourner de temps à autre. Cette aventure a duré trente ans avant qu’il ne décide de rentrer au Sénégal avec son ‘’patrimoine’’. Ces nombreux voyages ont permis à cet amateur qui est dans le monde des arts depuis maintenant 50 ans  de pouvoir détenir une véritable vitrine artistique. Dans sa ‘’caverne d’Ali Baba’’, on trouve des œuvres du défunt Kré Mbaye, de feu Mbaye Diop, de Cissé Dia, de Mbida, de Lamtoro, de Chérif Thiam, de Loba, D’Ady baldé, de Khassim Mbaye, de Bomar, de Sadio, du Congolais Stanley, de l’Ivoirien Yunussa, du Nigérian Nuby, ou encore du Camerounais Ibrahima.
Toutes ces œuvres de haute facture, Touba Sène souhaite les montrer aux amoureux des arts. Dans cette perspective, il expose à la galerie nationale depuis le 6 mai dernier et ce jusqu’au 26 juin prochain des créations de Kré Mbaye, Mbaye Diop, Mbida Fall et Ansoumana Diedhiou. ‘’Touba Sène dévoile sa collection’’, est le nom de l’exhibition qui serait ‘’la plus belle expo’’ reçue par la galerie sous le magistère d’Oumar Ben Khatape Danfakha actuel administrateur de cet espace.
Par ailleurs, la meilleure manière de promouvoir ce merveilleux recueil de Touba Sène serait de le mettre dans un musée. Sauf que le Sénégal n’en dispose pas encore. Un, est en chantier. Touba Sène qui serait ‘’esclave de son patrimoine’’ qu’il vénère particulièrement  serait-il capable de le céder à l’Etat afin qu’on l’expose au musée des civilisations noires ?
‘’J’ai toujours refusé de vendre ces œuvres parce que je veux qu’elles restent au Sénégal. Je veux bien travailler avec l’Etat mais je ne pourrais pas céder tout ce patrimoine gratuitement’’
 reconnaît-il. Il faudra donc que les pouvoirs publics mettent le prix pour avoir cette collection dont la véritable place serait dans un musée non pas seulement pour sa valeur artistique mais aussi et surtout pour sa conservation.
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